Actualité | Article publié le 25 juin 2026

PER : ce que coûte réellement un profil d’investisseur trop prudent

« Je ne veux pas jouer avec mon argent. »

C’est l’une des phrases les plus entendues lorsqu’on évoque l’allocation financière d’un Plan d’Épargne Retraite.

L’intention est légitime. Mais elle repose souvent sur une confusion : investir n’est pas spéculer.
Et cette confusion peut avoir un coût considérable sur plusieurs décennies.

Car lorsqu’il s’agit de préparer sa retraite, le principal risque n’est pas toujours la volatilité des marchés. Il peut aussi être de rester trop prudent trop longtemps. 

Le véritable risque n'est peut être pas celui que vous croyez

Un PER investi à 100 % en fonds euros semble rassurant. Le capital est garanti, les fluctuations sont limitées, les performances sont relativement stables. En 2025, le rendement moyen des fonds euros s’établissait autour de 2,65 % net de frais de gestion.

Mais lorsque l’inflation progresse plus vite que le rendement du contrat, le pouvoir d’achat de l’épargne recule silencieusement. Avec une inflation de 3 % par an, 100 000 euros d’aujourd’hui n’offrent plus qu’un pouvoir d’achat équivalent à environ 30 000 euros après 40 ans.

Le risque n’est donc pas uniquement de perdre de l’argent. C’est aussi de voir progressivement son épargne perdre sa capacité à financer les projets qu’elle était censée protéger.

Ce que les chiffres disent vraiment

Prenons un exemple concret.

Un épargnant verse 300 euros par mois pendant 30 ans.

Sur un fonds euros à 2,5 % : il accumule environ 160 600 euros. Sur une allocation orientée actions à 6 % annualisé : il accumule environ 301 400 euros. L’écart est de près de 141 000 euros — pour 108 000 euros versés au total.

Autrement dit, le choix de l’allocation (et non le montant épargné) est ce qui fait presque doubler le capital final. Sur plus d’un siècle de données historiques, les actions ont généré des performances significativement supérieures à celles des obligations ou des liquidités. Cette différence constitue l’une des principales sources de création de valeur pour les investisseurs disposant d’un horizon long.

La volatilité devient moins importante avec le temps

Le principal argument avancé contre les marchés financiers reste leur volatilité. Il est parfaitement légitime sur un horizon court. Sur quelques mois ou quelques années, les marchés peuvent connaître des baisses importantes.

Mais l’analyse historique montre qu’à mesure que l’horizon d’investissement s’allonge, la probabilité d’obtenir une performance négative diminue fortement. Sur 20 ans glissants depuis 1950, aucune période consécutive n’a produit de perte pour un investisseur patient sur les actions grandes capitalisations. Le temps agit comme un amortisseur. La volatilité ne disparaît pas, elle se lisse progressivement.

Et le PER est précisément conçu pour exploiter cet avantage : les capitaux sont investis sur un horizon généralement long, sans nécessité de vendre lors des périodes de turbulences. Investir sur les marchés financiers dans un PER, ce n’est pas chercher à prévoir les mouvements de demain. C’est accepter les fluctuations de court terme pour bénéficier du potentiel de création de valeur du long terme.

Pourquoi ne pas forcément récupérer son PER dès la retraite ?

Le PER est souvent présenté comme un outil destiné à être consommé à l’âge de la retraite. Dans certaines situations patrimoniales, la logique peut être différente.

Un dirigeant ou un professionnel libéral disposant déjà de revenus complémentaires, d’un patrimoine immobilier ou d’autres actifs financiers n’a pas nécessairement besoin de mobiliser immédiatement son PER. Chaque retrait issu d’un PER alimenté par des versements déduits fiscalement vient s’ajouter aux revenus imposables de l’année concernée. Dans certains cas, il peut donc être pertinent de différer les rachats et de laisser le capital continuer à fructifier.

Sur un horizon de 50 à 60 ans au total (40 ans de versements actifs puis 20 ans sans rachats) une allocation dynamique peut produire un capital considérable, transmissible au conjoint sans fiscalité dans le cadre d’un PER assurance. Le PER devient alors un outil patrimonial à part entière, intégré dans une réflexion globale de revenus, de transmission et d’organisation du patrimoine.

Le bon contrat ne suffit pas

Le frein principal à une allocation dynamique n’est pas toujours le risque. Il s’agit souvent d’un manque d’information ou d’accompagnement. Comprendre le fonctionnement des marchés, connaître les effets du temps sur la performance et savoir distinguer volatilité et risque réel permet de prendre des décisions plus cohérentes.

Un contrat performant mal investi peut produire des résultats décevants. À l’inverse, une allocation construite avec méthode et adaptée à l’horizon réel de l’investisseur peut profondément modifier le résultat final. Le bon contrat ne suffit pas. Il faut la bonne allocation, au bon moment, avec la bonne vision.

Votre PER est-il investi en cohérence avec votre horizon réel ?

De nombreux Plans d’Épargne Retraite sont investis selon des profils standards définis lors de la souscription, puis rarement réévalués. Pourtant, l’évolution de la situation professionnelle, patrimoniale et familiale peut justifier des ajustements importants au fil des années.

Au Cabinet Colson nous accompagnons dirigeants, professions libérales, cadres supérieurs et sportifs de haut niveau dans cette réflexion globale, en intégrant le PER dans l’ensemble de leur stratégie patrimoniale.

Cabinet Colson — Agent Général AXA Prévoyance & Patrimoine. Enregistré à l’ORIAS sous le n° 19 000 310 (www.orias.fr). Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil personnalisé en gestion de patrimoine. Toute décision doit être prise après examen de votre situation personnelle par un professionnel habilité. Date de publication : 25 juin 2026.

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Cet article a été rédigé par

Octave Colson

Agent Général d’Assurance et fondateur du Cabinet Colson.

Questions fréquentes

Peut-on changer l'allocation d'un PER déjà ouvert ?

Oui. Dans la majorité des contrats, il est possible de modifier la répartition entre les différents supports d’investissement sans déclencher de fiscalité immédiate. Cette souplesse permet d’adapter progressivement l’allocation à l’évolution de la situation personnelle et de l’horizon de placement.

Tout dépend de l’horizon d’investissement, des objectifs et de la sensibilité au risque. Plus l’horizon est long, plus les unités de compte peuvent généralement être envisagées pour rechercher du potentiel de performance. Les fonds euros apportent quant à eux davantage de stabilité.

Aucune performance future ne peut être garantie. Historiquement, les marchés actions ont offert des performances supérieures à celles des obligations et des placements monétaires sur les longues périodes. Ces données doivent toujours être analysées avec prudence et ne préjugent pas des performances futures.

Non. Une allocation doit tenir compte de nombreux paramètres : horizon d’investissement, patrimoine global, objectifs, revenus futurs et capacité à accepter les fluctuations des marchés. Une approche personnalisée reste indispensable.

Il n’existe pas d’âge universel. La réponse dépend davantage du besoin futur de revenus, du patrimoine global disponible et de la stratégie de retraite retenue. Certaines personnes réduisent progressivement leur exposition aux marchés à l’approche de la retraite, tandis que d’autres conservent une part dynamique plus longtemps selon leur situation patrimoniale globale.