Plan Épargne Retraite (PER) : Ce que la plupart des conseillers ne calculent jamais
Il existe en France un produit d’épargne qui génère un rendement proche de 38 % à chaque versement pour un contribuable imposé à 30 %. Pas sur une année. Pas sur dix ans. A chaque euro investi, dès le premier jour.
Pourtant, lorsqu’on parle du Plan d’Épargne Retraite, la conversation tourne presque toujours autour d’un seul mot : défiscalisation. Ce n’est pas faux. Mais c’est très loin d’être suffisant. Et c’est précisément ce qui conduit de nombreux chefs d’entreprise, professions libérales, cadres dirigeants et sportifs de haut niveau à sous-exploiter cet outil, ou à passer à côté de ce qu’il peut réellement apporter dans une stratégie patrimoniale.
L'avantage fiscal du PER que personne ne calcule vraiment
Prenons un exemple concret.
Vous versez 100 euros sur votre PER.
Des frais de versement s’appliquent, imaginons 3,5 %. Il vous reste 96,50 euros réellement investis.
Mais ce versement de 100 euros, parce que vous êtes dans une tranche marginale d’imposition à 30 %, génère une économie d’impôt de 30 euros.
Votre effort d’épargne réel est donc de 70 euros. Pour 96,50 euros placés.
Faites le calcul : c’est un gain immédiat équivalent à près de 38 % de votre effort d’épargne, avant même que les marchés financiers n’aient commencé à travailler pour vous. Pour un dirigeant, un professionnel libéral ou un sportif en activité imposé à 41 % ou 45 %, le mécanisme est encore plus puissant. Peu de dispositifs offrent un avantage fiscal aussi significatif à l’entrée, quel que soit le contexte de marché.
Un filet de sécurité méconnu : ce que le PER garantit en cas de coup dur
Le Plan d’Épargne Retraite est souvent présenté comme un produit « bloqué jusqu’à la retraite ». C’est vrai dans la majorité des cas. Mais, il existe des cas de déblocage anticipé, et l’un d’eux mérite d’être connu de tout chef d’entreprise ou travailleur non salarié : la liquidation judiciaire.
En cas de cessation d’activité non salariée consécutive à un jugement de liquidation judiciaire, le dirigeant peut récupérer l’intégralité du capital de son PER, exonéré d’impôt sur le revenu. Les éventuelles plus-values restent soumises aux prélèvements sociaux, mais l’essentiel est préservé. Autrement dit, les années où votre activité se porte bien sont précisément celles où il faut alimenter ce contrat. Parce que vous ne savez pas ce que demain réserve. Et parce que cet argent mis de côté silencieusement peut devenir, dans les moments les plus difficiles, votre seule épargne disponible.
Pour un travailleur non salarié, un PER bien alimenté représente l’équivalent d’une assurance chômage que l’on se constitue soi-même, avec l’avantage de l’État à chaque versement.
Plafond PER 2026 : comment verser 30 % de plus chaque année
Pour un travailleur non salarié, le plafond de déductibilité retraite ne se calcule pas simplement sur le bénéfice imposable déclaré. Il se calcule sur ce bénéfice augmenté de l’ensemble des cotisations Madelin versées dans l’année, qu’il s’agisse de cotisations retraite, de prévoyance ou de mutuelle santé. Toutes ces cotisations sont réintégrées dans la base de calcul. Ce qui signifie concrètement : plus un TNS cotise sur l’ensemble de ses contrats Madelin, plus sa base s’élargit, et plus son enveloppe retraite est disponible est importante.
Au Cabinet Colson, nous constatons régulièrement que des clients pensant avoir optimisé leur situation laissent en réalité environ 30 % de leur capacité de déduction inutilisée. Simplement faute d’un calcul qui n’a jamais été fait dans sa globalité.
La plupart des épargnants qui nous contactent pensaient que oui. Un calcul précis révèle presque toujours une marge de progression : sur le plafond disponible, sur l’allocation financière ou sur la coordination entre plusieurs dispositifs d’épargne retraite.
Au Cabinet Colson, nous accompagnons dirigeants, professions libérales, cadres supérieurs et sportifs de haut niveau dans cette réflexion, en partant toujours de leur situation réelle et de leurs objectifs patrimoniaux. L’analyse permet notamment d’étudier le plafond réellement disponible, la cohérence de l’allocation, les opportunités de transfert et l’intégration du PER dans la stratégie globale du patrimoine.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou en protection sociale personnalisé. Date de publication : 24 juin 2026. Pour toute situation personnelle, nous recommandons de consulter un professionnel qualifié.
Octave Colson
Agent Général d’Assurance et fondateur du Cabinet Colson.
Questions fréquentes
Puis-je ouvrir un PER si j'ai déjà un contrat Madelin ?
Oui. Les anciens contrats Madelin retraite peuvent continuer d’être alimentés. Il est tout à fait possible de détenir les deux simultanément. Attention cependant : les versements sur ces deux dispositifs s’imputent sur le même plafond de déductibilité. Ouvrir un PER sans calculer à nouveau l’enveloppe globale disponible expose à dépasser le plafond légal et à perdre l’avantage fiscal sur l’excédent.
Quel est le plafond de déduction PER pour un TNS en 2026 ?
Pour un travailleur non salarié, le plafond est calculé sur le bénéfice imposable augmenté de l’ensemble des cotisations Madelin versées, selon la formule : 10 % de ce montant dans la limite de 8 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, augmenté de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. Avec un PASS fixé à 48 060 euros en 2026, le plafond maximum atteint 88 911 euros pour les bénéfices les plus élevés. Ce plafond est commun à l’ensemble des dispositifs retraite : PER individuel, contrats Madelin, PERCO et article 83.
Comment transférer mon ancien PER ou mon contrat Madelin ?
La loi PACTE permet le transfert de tout contrat retraite existant vers un PER de votre choix. La procédure est initiée auprès de l’organisme gestionnaire du contrat d’origine. Des frais de transfert peuvent s’appliquer, plafonnés à 1 % de l’encours pour les contrats de moins de 5 ans et gratuits au-delà. Avant tout transfert, il convient de vérifier les conditions propres à chaque contrat, la qualité du contrat d’accueil et l’impact éventuel sur les garanties annexes souscrites.